Arnoud Bifrare

nous livre sa vision

Interview

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Romande Energie est un des premiers partenaires à avoir confirmé sa participation à Red lab et nous en sommes très heureux. Arnoud Bifrare, chargé SMART et projets stratégiques au sein de l’organisation, répond à quelques questions.

Quelles sont vos attentes vis à vis du programme red lab?

Red lab devrait contribuer à l'émergence d'un écosystème, doté d'un nouveau réseau de distribution: celui de la donnée. Un écosystème qui remplisse le rôle de facilitateur de la transition énergétique. D’ailleurs, plutôt que de mettre à disposition de la donnée, cet écosystème devrait mettre à disposition des résultats analytiques qui permettent aux bénéficiaires publics et privés de prendre les bonnes décisions en matière de transformation du système énergétique .

Red lab sera une réussite s’il permet de développer des projets coordonnés servant des groupes clés de « use cases » qui donneront naissance à cet écosystème. Réussir à monter des design sprint et réussir à identifier parmi ces groupes de “use cases” la nature des données nécessaires et leur origine.

Quelle est votre vision de la gestion des données dans le futur ?

Notre ambition est d'être un acteur clé de la transition. Le réseau de distribution électrique est au cœur de la transition du fait de la croissance des besoins en électrification (convergence des secteurs). Contribuer à la création et à la vie d'un écosystème de gouvernance de la transition est un moyen de garantir que le réseau continue à l'avenir d'être finançable de manière équitable pour tous ces utilisateurs.

La digitalisation est un élément central de la transition car les données permettent la coordination de tous les acteurs impliqués. Pour ses besoins internes Romande Energie a récemment créé une Datafactory dont l'expertise en science des données permet de faciliter la prise de décision dans ses différentes activités quotidiennes.

Nous pensons que la même approche appliquée au sein d'un écosystème alimenté par les données des acteurs publics et parapublics permettra d'en faire de même pour les services typiquement publics comme notamment l'électricité, le gaz, l'eau, la gestion des déchets, la chaleur à distance ou encore les routes.

Quelles sont les opportunités et les défis que vous identifiez?

Les besoins en chaleur et en électricité sont des besoins vitaux pour toute la population à forte intensité énergétique et donc à fort impact environnemental et social. C'est donc un domaine qui doit être régulé et maintenu sous l'autorité publique. C'est pourquoi les choix stratégiques de développement du système énergétique global doivent être pilotés et contrôlés par les pouvoirs publics. Les données qui permettent ce pilotage doivent être valorisées, tant pour les collectivités publiques, leurs habitants ou les entreprises qui y travaillent que pour les acteurs du marché, dans le cadre d'un service d'intérêt public. L'analyse des données énergétiques multisectorielles associée aux taxes et incitations en vigueur donnent de la visibilité aux investisseurs publics et privés de la transition énergétique.

Quelles sont les étapes pour y arriver?

Il faut tout d’abord servir les collectivités publiques (communes) dans leur mission de gestion du territoire et de planification énergétique par exemple en arrivant à exploiter raisonnablement les données de leur potentiel renouvelable et les données actuelles de leurs bâtiments et infrastructures. Il faut donc commencer par comprendre l'ampleur de leur tâche.

En second lieu, nous pensons que la priorité sera de servir les diverses administrations publiques en charge du territoire, de l'environnement, de l'énergie ou des transports (cantonales voir fédérales) par exemple pour savoir ou favoriser des subsides et ou organiser des campagnes. Les indicateurs sont importants pour ces administrations, afin de par exemple mesurer l’efficacité des plans de soutien et l'atteinte des objectifs climatiques.

La forte implication des pouvoirs publics permettrait alors de façonner le cadre légal nécessaire à la mise en commun des données et à la gestion de l'écosystème et de ces accès. S'agissant d'un service public, mis à disposition par des acteurs publics et parapublics, son financement devrait être pensé comme tel.

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